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Tu es mon anxiété, tu n’es pas moi. 

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Tu es mon anxiété, tu n’es pas moi.

Je suis l’anxiété, ton anxiété. Je t’habite du plus loin que tu te rappelles. Je me suis manifesté de façon très subtile au début. Petite, tu me confondais souvent avec des maux de ventre, de tête, de cœur. Je suis comme ça, je trace mon chemin jusqu’à ton cerveau en te faisant douter de toi, de tes capacités, de tes raisonnements. Le temps passe et tu t’adaptes à moi comme on s’adapte à un malheur, à un handicap, à une relation qu’on n’a pas souhaitée, mais qu’on doit supporter (comme une belle-mère désagréable).

Tu as porté ton anxiété depuis si longtemps.

À ton entrée au secondaire, au cégep, dans ta première job et même dans ta première relation amoureuse, je prends la place qui me revient, ou plutôt celle que tu m’accordes. Parfois même de façon inconsciente.

Maudite anxiété qui me gruge !

Parfois de façon semi-consciente (l’anxiété me guette lorsque je ne m’y attends pas). Parfois de façon totalement consciente (oh non, je ne peux pas, je suis anxieuse !) et parfois comme une simple excuse (je ne peux pas, je risque de faire une crise de panique). Je m’amuse vraiment à te pourrir la vie !

Le plus grand plaisir de ton anxiété, se pointer quand tu ne t’y attends pas !

Il est là tout mon pouvoir, te gâcher la vie pendant un temps parce que juste a pensé à moi, juste une de mes présences intenses suffit à te faire trembler pendant longtemps. Aujourd’hui, j’ai envie de t’avouer quelque chose. Comme un amoureux pour soulager ma conscience. Ça va sûrement te blesser, mais je crois sincèrement que ça pourrait te faire du bien en même temps. Une chose est sûre, moi ça va me soulager jusqu’à ce que je recommence à être sur ton cas.

Tu ne le sais pas, mais si tu le voulais tu pourrais presque me faire disparaître.

 Bien évidemment, je ne pars jamais très loin. Lorsqu’on m’apprivoise, j’ai tendance à rester tranquille, comme un enfant qui joue en silence dans un coin. Évidemment, comme avec un gamin, ce n’est pas indiqué de tenter de modifier mon comportement lorsque je suis en crise. Renforcement positif, ça te dit quelque chose ? Je fonctionne un peu comme ça. Parle-moi lorsque je suis calme, flatte-moi lorsque je m’efface et écoute bien la voix de ma jumelle (le moment présent). Le truc ? Efface-moi dans les moments où je suis inexistante, tu verras que je m’affaiblis beaucoup.

Anxiété, qui es-tu vraiment ?

Je suis comme une lionne en cage. Laisse-moi m’épuiser et ne me laisse pas sortir tant que tu ne pourras me dompter. Je suis perverse ! En ce moment, tu me crois et tu doutes. Cette place-là, je la garderai toujours, c’est mon but ultime. Te garder dans le doute et la peur. Le plus beau dans tout ça c’est que moi je suis consciente que je suis inoffensive, mais toi, tu ne le sais pas encore assez.

Je vais te dire un secret ! Fais ce qui te fait du bien, marche, cours, médite, consulte. Tu pourrais même prendre un médicament, si tu juges en avoir besoin, car généralement cette pilule m’assomme le temps que tu sois prête à m’affronter.

Un jour, bientôt, ton anxiété va pratiquement disparaître.

Je t’en supplie, rends-moi ce service ! J’irai hanter quelqu’un d’autre. Par contre, j’aimerais que tu ne parles pas de moi lorsque tu m’auras enfin apprivoisé, lorsque je ne serai plus une lionne, mais un tout petit chat.

Pourquoi ? Parce qu’en ce moment on parle beaucoup de moi, trop même. On admet ma présence, on félicite ceux qui osent en parler. On me donne beaucoup de pouvoirs, on me banalise, on dit qu’il est normal de me porter, qu’on doit fonctionner avec moi, bien accroché. Mais si un jour on découvre la vérité ? Je n’aurai plus de raison d’exister.

Je crois que c’est suffisant pour aujourd’hui. Je vais recommencer à te déstabiliser jusqu’à ce que tu me donnes mon 4 %. Même si tu penses que tu es obligé de me porter ou que tu es prise avec moi ou encore mieux que tu ne me contrôles pas, sache que c’est toi le boss, si tu t’en donnes la chance et les moyens, tu arriveras à m’éteindre.

À bientôt !

Anonyme

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Alexandra
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