T.P.L

Je sais, mon TPL est difficile pour vous

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Pendant des années, j’ai vécu à cent mille à l’heure. Je sais c’est difficile pour vous. Vous étiez à mes côtés, toujours inquiets. Qu’est-ce qui va arriver à Alex ? Est-ce que nous allons être obligés de la sortir du pétrin ? Va-t-elle arriver avec ses finances ? Elle dépense bien trop ! Tout ce stress, je vous l’ai causé bien involontairement. Et maintenant que je suis bien, j’aimerais me confier.

À toi ma famille,

Comme tu sais, je n’ai pas eu une enfance si heureuse que ça. Je sais que tu dois te sentir coupable, mais tu n’as aucune raison de l’être. Tu as tout essayé, je le sais. Le bonheur (mon texte : Le bonheur ça dérange donc ben) n’était simplement pas facile pour moi. Je me sentais mélancolique, de trop et toujours en colère. La pression d’être parfaite et la recherche de l’amour paternel creusaient petit à petit le vide qui me fera tant souffrir.

J’ai toujours su depuis ma tendre enfance que je n’étais pas comme les autres. Les drames, les pleurs et le sentiment de rejets accompagnaient toujours mes journées ensoleillées. J’avais toujours ce nuage gris au-dessus de la tête. Certains enfants ont des amis imaginaires moi, c’était ce nuage. Je n’appréciais rien. J’en voulais toujours plus. Comme si avoir du matériel ou des sorties spéciales me permettrait d’être enfin quelqu’un d’intérêt. Car oui, je me sentais invisible. Pourtant, j’étais toujours entouré d’amis…

Adolescente, je n’arrivais pas à vous communiquer cette rage et ce sentiment de vide. Je ne me comprenais tellement pas. Je n’ai jamais été désobéissante, mais le sourire n’y était que sporadiquement. Vous parlez m’étais impossible. La peur de votre jugement, de vous causer plus d’anxiété ou d’être envoyé à l’asile m’effrayait. Je me sentais prisonnière de mon intérieur. Crier était la seule manière que j’avais pour sortir le trop-plein. Car si non, j’allais tout simplement me noyer.

Début 20aine, j’ai déménagée seule. J’avais besoin de faire ce grand saut malgré la peur qui me rongeait. J’avais besoin de m’éloigner de vous. De me lancer dans le vide. Et être seule avec mes propres pensés… Tout un défi ! C’est pourquoi j’ai commencé à m’étourdir pour les étouffer. Mes relations amicales en ont beaucoup souffert. J’étais toujours l’excentrique, le clown, la fille aux mille et une sorties. Mes liens d’amitié se sont peu à peu effrités, mais à cette époque je m’en balançais. Je voulais avoir du gros fun ! Les bars, l’alcool, les shows, les partys et une fois arrivée au lit, bang on s’endort sans avoir pensé. J’ai bien vécu ce rythme pendant 10 ans…

Et mes amitiés? Difficiles…

Certaines amitiés sont restées. Intactes ? Non. Je suis loin d’être facile. Je le sais qu’elles ont eu besoin d’un break pour pouvoir recommencer à m’aimer à ma juste valeur. Est-ce que je leur en veux ? À un certain moment, j’ai eu beaucoup de peine. Je me suis sentie abandonnée plus qu’à mon tour. Mais aujourd’hui, celles qui sont restées sont fidèles. Je les aime et elles me font beaucoup de bien. Celles qui m’ont quitté ? J’y pense régulièrement, j’observe leur vie sur Facebook et je me demande si j’avais été autrement serait-elle resté ? Probablement pas. La vie est faite de séparation et faut l’accepter, point final.

 

À vous mes proches,

Je ne peux que m’excuser des hauts et des bas que mon TPL vous fait vivre au quotidien. Je suis beaucoup plus en contrôle de ma vie maintenant. Je ne peux malheureusement pas regretter les choix que j’ai faits à l’époque, car à ce moment, les choix étaient les bons. Avec le recul, je constate que malgré tout, je m’en suis bien sortie. Aujourd’hui, j’ai réussi à avoir une belle vie, une famille et des amis qui m’aiment pour qui je suis, une petite fille extraordinaire et un mari qui est là coute que coute. Je n’y croyais pas, mais le bonheur existe vraiment, TPL ou non.

Courage

Alexandra

Alexandra
Alexandra
Trouve le clown en toi et la vie te remerciera!
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