la fille et son bonheur

La mort d’un héros

Le 27 décembre est décédé mon héros, mon grand-papa (texte sur mon grand-papa). J’ai eu la chance de le voir et de lui tenir la main jusqu’à la fin. C’est le plus beau cadeau qu’il m’a fait. Pourquoi ? Car il m’a attendu avant de s’éteindre. Il s’est assuré que je puisse plonger mon regard dans le sien une dernière fois. Que je continue de l’appuyer dans sa décision de se laisser aller comme je l’ai fait tout au long de son hospitalisation. C’est le plus grand geste d’amour que j’ai reçu de ma vie. Et pourtant…

J’étouffe, tu n’as pas idée comment j’étouffe.

Je me sens vide, mais en même temps rempli. Quelle contradiction, non ? Je suis vide de son absence. Vide de ses mots réconfortants, vide de son regard profond et heureux. Mais remplis de tristesse, d’angoisse, de souvenirs heureux et de gratitude. Je n’ai jamais de ma vie ressentie autant d’émotions entremêlées ! Tellement que je ne fais plus la différence entre la peine et la joie. Je ne suis qu’un ramassis de sentiments. Un tourbillon de sensibilité… Pour la fille qui vit avec un TAG (trouble d’anxiété généralisée), c’est l’enfer.

Je suis fière d’avoir eu une place privilégiée dans sa vie.

Avec lui, je n’ai jamais manqué de rien. Mon père c’est lui et il a honoré son titre. Je me suis senti aimé, protégé et apprécié à ma juste valeur. Jamais au grand jamais, je ne pouvais imaginer ma vie sans lui. Au fait, je n’y pensais pas. Il était là, fort et solide comme un héros indestructible.

Durant le dernier mois, j’ai passé mes journées en sa compagnie. Quoi de plus plate qu’un hôpital, hein ? Donc, je me suis fait un devoir de le faire rire, de le faire parler de ses souvenirs, de ses bonheurs, de sa vie. Il m’a dit à quel point il a été heureux. Que jamais au grand jamais, il n’aurait fait une autre vie que la sienne ! C’était vraiment beau. Je garde nos conversations au plus profond de moi comme un diamant dans un coffre au trésor.

Mon grand-père c’est le plus fort.

Il allait toujours bien. Il était de nature positive et optimiste. La vie pour lui était un terrain de jeu avec lequel il s’amusait réellement. Il avait beaucoup d’amis et les gens l’aimaient, car il était facile d’approche, drôle et altruiste. La maison chez lui était toujours pleine, car il avait la fête dans le cœur. Jusqu’à la fin, l’important pour lui c’était que nous sachions qu’il était bien. Que tout serait correct ! Il a eu une force incroyable. Et croyez-moi, je lui ai dit le plus souvent que j’ai pu.

Grand-papa,

Merci. Je suis pleine de gratitude d’avoir vécu la maladie à tes côtés. Tu m’as fait découvrir une force en moi qui m’étonne. Je suis restée droite, drôle, empathique et souriante malgré le grave diagnostic. Je tenais sincèrement à ce que tu vives tes derniers moments comme tu as toujours vécu. Le bonheur, tu l’as en dedans de toi et tu me l’as transmise. Ce dernier mois m’a complètement transformé. Maintenant, j’ai un regard beaucoup plus indulgent et positif envers moi-même. Peut-être est-ce ton regard, qui sait ? L’héritage que tu me laisses est bien au-delà de ce que tu penses. Chaque jour de ma vie, je vais faire en sorte que tu me regardes d’en haut et que tu sois fier. Je vais mordre dans la vie et profiter de chaque instant, car ils sont tous importants petits, soient-ils. Veille sur ma famille et surtout sur ma fille qui pense souvent à toi. Lorsque je regarde dans les yeux de ma petite Florence, je constate que ce sont tes yeux qui y sont présents. Elle a la même fouge, la même force et le même amour de la vie que toi. Le destin m’a fait ce présent.

Le 27 décembre, s’est éteint un grand homme.

Je t’aime de tout mon cœur,

Alexandra xxx

P.S :  La société canadienne du cancer pour les dons pour la recherche

Alexandra
Alexandra
Trouve le clown en toi et la vie te remerciera!

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