T.P.L

Le #metoo à travers mes yeux de TPL

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J’ai eu un profond manque d’amour de la part de mon père. J’ai passé ma vie à le chercher. Des ravages y’en a eu plus qu’en masse crois-moi. Avec la vague des dénonciations, je devais te parler de ma vision de tout ce carnage #metoo à travers mes yeux de TPL.

Tu me vois venir avec mon manque d’amour hein ?

C’est un de mes traits principaux. J’ai cherché l’attention.J’ai toujours aimé avoir les yeux des hommes rivés sur moi.Pourtant, je n’avais aucune confiance en moi. Paradoxal non ? Leurs regards me rendaient plus forte, plus visible, plus présente. J’ai souvent entendu que j’avais du charisme… Que lorsque j’entrais dans une pièce, on le savait. Je prenais un malin plaisir à écouter ces commentaires, car ma vie entière tournait autour de cette attention. Je pouvais dire que j’avais réussi.

J’ai eu des périodes où j’étais grassette d’autres, très minces.

J’ai longtemps joué au yoyo avec mon poids parce que je mangeais mes émotions (je te mets en lien un autre de mes textes qui parle de mon hyperphagie). Le soir, je sortais et je lançais à mes amis, lui, je vais l’avoir à la fin de la soirée. Et je repartais avec cet homme. Rien de m’arrêtait. Le jeu de la séduction me grisait, me remplissait de tout ce qui me manquait. Je me sentais belle, confiante et séduisante. J’aimais tellement raconter mes histoires à mes collègues le lendemain ! J’en faisais un show d’humour ! Je pensais que j’étais heureuse.

J’ai moi aussi évolué dans le milieu culturel québécois.

Des histoires, j’en ai entendu et j’en ai vu. Pourquoi je n’ai rien dit ? Je pensais sincèrement que pour évoluer dans ce domaine c’était normal. Que si tu veux réussir, tu dois te rapprocher de ceux qui sont déjà au pouvoir ! Et cette séduction, je l’avais en moi alors je ne le voyais pas du tout du même œil. Le contrôle, je l’ai voulu longtemps. Mais de mon côté, je n’ai pas eu à faire des bassesses pour l’avoir. Je l’ai eu point final. Mais au prix de ma santé mentale.

 Je n’ai jamais eu de confidence troublante à caractère sexuel de collègues ou d’amies.

J’en ai eu par contre des confessions de violence psychologique, ça, oh que oui ! Des hommes ET des femmes qui se croyaient tout permis et qui s’amusaient à rabaisser des collègues, j’en ai été plus que témoin. Et j’en ai été victime aussi. Pourquoi se taire, tu me diras ? Le milieu de la musique au Québec est tellement petit ! Les employeurs t’engagent autant pour ton CV que pour tes connaissances. Ah oui ! Tu as travaillé pour un tel ? Ah oui ! Lui ou elle, c’est un ami ? Tu vois le genre…

Mon dernier emploi dans ce domaine a été chez Juste pour rire. Le rêve de ma vie. Je pensais sincèrement que j’étais là où je devais être. L’humour c’est ma passion, une de mes raisons de vivre. J’étais si fière ! Mais tu sais quoi ? C’est tout sauf drôle y travailler. Il y a un climat de peur lorsque Gilbert y est. Je me suis toujours dit : c’est weird travailler pour une boîte d’humour où l’on fait rire les gens, mais que nous nous ne rions pas, mais pas du tout.

J’y suis restée 5 mois. Par chance, ils ont restructuré la boîte et mon poste a été supprimé. Sincèrement, la vie fait très bien les choses.

J’ai joué plus d’une fois à cette game dangereuse et par chance, il ne m’est jamais rien arrivé de grave. J’ai toujours été consentante. Par contre, je ressens beaucoup la douleur des victimes et je tiens à leur montrer mon soutien. J’ai aimé d’amour ce milieu. Il m’a fait vibrer, existé, mais aussi, il m’a beaucoup ébranlé. Sache que si tu es une victime que ce soit pour agression physique ou psychologique, je ne peux que t’encourager à parler. Tu verras enfin la lumière au bout de ton tunnel.

 

Courage X 1000

Alexandra

Ps: tu te demandes si tu as vécu une agression? Va sur ce site : agressions sexuelles

 

Alexandra
Alexandra
Trouve le clown en toi et la vie te remerciera!
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