Suicide

Lorsque la noirceur devient ta maison

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Demain, mardi le 10 septembre est la journée mondiale de la prévention du suicide. Tu te doutes que j’ai quelque chose à dire là-dessus, hein ? Tu as bien raison ! 

Chaque année, cette journée me rappelle que je suis encore en vie. Que j’ai réussi à voir une parcelle de lumière au loin dans le nuage noir qui m’envahissait. Qu’à force de vivre avec la mort au-dessus de ma tête, j’ai fini par l’apprivoiser. 

La noirceur je l’ai vécue, longtemps!

La première fois que j’ai essayé de disparaitre, j’avais 27 ans. Je n’avais ni enfant, ni conjoint et ma vie professionnelle allait so so. Je n’avais pas confiance en l’avenir, je me comparais aux gens de mon âge qui ont telllllement réussi et je déprimais, solide. J’avais ce vide et ce mal de vivre qui brouillaient toutes les pistes. Je rêvais de voyage, de la grande vie et du succès. Pourtant, j’y étais. Mais ce n’était pas assez

Je n’avais pas de maison, je ne me trouvais pas jolie ni mince et aux yeux de mes amies, je n’avais pas un emploi sérieux. Pourquoi ça m’affectait autant ? Je ne me sentais pas assez. Assez pour être aimé. Mais dans le fond, le réel problème n’était pas ma vie, mais bien ma perception de moi-même. Je souffrais vraiment de ce manque d’amour. 

J’en pouvais plus d’avoir mal.

J’en avais marre de devoir prouver aux autres que j’existe, que je suis une bonne personne et que je vaux la peine. En réalité, j’en crevais de devoir combattre mes démons, les uns après les autres. 

Est-ce que je souhaitais réellement mourir ? 

Non. Même si au plus profond de moi, la fatigue gagnait sur ma raison, je ne voulais pas mourir. Je voulais arrêter de souffrir. C’est légitime, non ? Personne n’aime avoir mal. 

J’ai eu de la chance. 

Une amie m’a sauvé et m’a amené à l’hôpital. Je suis ressorti le lendemain avec une petite tape sur la main du psychiatre de garde. 

Bah, c’est normal que ça fasse mal une peine d’amour ! Le temps arrange les choses, vous irez mieux. 

Les deux années qui ont suivies, je les ai vécues sur le pilote automatique.

La noirceur, c’est lourd comme un brouillard à Rimouski. Tu avances sans savoir ce que tu fais et où tu vas. Tu brailles à rien pis tu te rends compte que c’est même la seule manière de relâcher la soupape. Alors, tu en pleures une shot!

Je me suis mise à l’époque en relation pour combler ce vide. J’avais besoin de ce contact, de cet amour. Est-ce que ça bien fini ? Certainement que non. J’ai choisi l’amour au lieu du respect. Tu imagines la suite ? 

J’ai réessayé 2 ans plus tard. 

Par contre, cette fois-ci je me suis fait prendre en charge. Dieu merci ! Avec beaucoup d’aide, de travail sur moi, de découragement, de pleurs, de peurs, mais d’espoir, j’ai continué d’avancer dans cette vie incertaine. 

Ce que je n’aurais pas vécu si j’étais déjà partie dans ma noirceur

Les larmes me viennent instantanément lorsque je pense à ce que je n’aurais pas vécu. Je suis mariée, j’ai une fille extraordinaire, je fais ce que j’aime, j’ai un roman qui sort sous peu (t’inquiète, je vais t’en reparler car je veux que tu l’achètes, tsé!) et la tête pleine de projets. Travailler sur soi est à mon sens essentiel lorsque la noirceur est présente. Continuer de travailler sur soi est primordial pour que le soleil éclipse les nuages. 

Est-ce que je vais toujours bien ? Non. J’ai maintenant appris à danser avec la pluie. À tenir mon casse (bon c’est un chapeau) ben serré lorsque la tempête passe et surtout à sourire malgré les larmes. La vie est un cycle. Tout finit par passer. Je suis heureuse de m’y être accrochée, car je ne serais pas là pour vous dire que vivre, c’est beau. Je ne pourrais pas non plus te crier pour qu’enfin tu comprennes à quel point, tu es extraordinaire. N’en doute plus jamais ok ?

Le 10 septembre, une date à retenir. Demain, ayons une pensée sincère pour les endeuillés par suicide. 

Si tu dans la noirceur et que tu crois être incapable de t’en sortir, contacte Le Tournant, ligne de crise sans frais au 1-833-371-4090. Tu en vaux la peine, ne l’oublies jamais. 

Courage, 

Alexandra

Ps. voici un ben beau texte que j’avais écrit encore à ce sujet : ici

Alexandra
Alexandra
Trouve le clown en toi et la vie te remerciera!
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