Anxiété

Le mouton noir, c’est moi et j’en suis fière.

photo katee boucher couverture

Je suis née « mouton noir ».

Pourquoi, me direz-vous ? Ma mère n’avait que quinze ans lors de ma naissance, mon père biologique n’était pas là et j’avais un « afro » sur la tête. Finalement, rien pour m’aider. L’anxiété a très probablement traversé le placenta de ma mère et a dû me rejoindre bien avant ma naissance. Voici une petite partie de mon histoire…

Ma « mouton noir » d’enfance.

Dès mon plus jeune âge, j’étais une enfant qui pleurait beaucoup. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu cette boule à l’intérieur, sans trop savoir de quoi il s’agissait. Dans mes souvenirs, c’est vers l’âge de 8 ans que ma mère me demanda si je voulais voir mon vrai père.

Je suis donc partie, un samedi avec cet homme.

Aussitôt embarquée dans la voiture, je me suis mise à avoir mal au ventre, mal au cœur, j’étais étourdie, j’ignorais ce qui se passait.

Il a dû me reconduire chez-moi. Quelques semaines plus tard, il est revenu me chercher et encore comme ça pendant des semaines. Nous avons dû nous rendre à l’évidence que ces visites ne fonctionneraient pas, car je me sentais mal à chaque fois.On ne parlait pas d’anxiété à ce moment-là, on disait seulement que j’étais une enfant fragile. Ça ne s’arrêta pas là, malheureusement. Avec les années, tout ça a empiré.

Je vivais dans une famille plutôt dysfonctionnelle, avec une mère qui faisait son possible.

Lorsqu’elle disparaissait, ça y était ; maux de ventre, étourdissements et très souvent des vomissements s’y ajoutaient. Je me rappelle encore la sensation de brûlement et de peur qui m’habitait à ces instants.

L’inconfort grandissant du « mouton noir ».

Lorsque ma mère sortait de la maison, même pour aller dans le garage, je paniquais et je pleurais. Vers l’âge de quinze ans, j’ai rencontré mon premier amoureux. Malheureusement, les mêmes sensations physiques que je ressentais enfant étaient toujours présentes.

Je n’étais pas très populaire enfant et pas plus comme adolescente.

Ma situation ne s’améliorait pas, lorsque nous devions faire des sorties, je me sentais super mal.Un jour, avec l’école, nous sommes allés voir le hockey junior pendant une demi-journée. J’ai passé l’après-midi dans les toilettes, avec un mal de ventre et des frissons. L’inconfort intérieur fait de plus en plus de dommage.

La prise de conscience du « mouton noir ».

Après toutes ces années à me questionner, ce n’est que vers l’âge de 33 ans que j’ai saisi que je souffrais d’anxiété généralisée et que je faisais régulièrement des crises de panique.

J’ai enfin compris pourquoi j’avais autant souffert toutes ces années.

Même si j’avais de grands rêves, je ne pouvais pas voyager, par peur de l’avion, peur d’être malade, peur d’avoir peur, etc. Je ne pouvais pas faire un travail que j’aimais ; qu’est-ce que les autres auraient penserJ’avais mon D.E.C. et je n’aimais pas ça. J’étais malheureuse et je m’enfonçais.

À cause de tout ça, j’ai souffert de troubles alimentaires. J’ai fait une thérapie pour m’aider à les surmonter et ça m’a passablement aidé.

J’ai ensuite perdu mon frère dans un accident de voiture, ce qui a enclenché une fois de plus l’anxiété et la peur.

J’ai fait une deuxième thérapie, mais cette fois avec un autre intervenant. Ce dernier m’a aidé me libérer de plusieurs personnes négatives autour de moi. Encore une fois, ça m’a aidé considérablement.

Je suis un « mouton noir », je m’assume maintenant!

C’est en 2014 qu’enfin, je me suis vraiment guérie. J’ai rencontré LA psychologue dont j’avais besoin depuis toutes ces années. Elle m’a aidé à comprendre qui j’étais, à me donner le droit de faire ce que je voulais de ma vie.

En moins de trois ans, j’ai réalisé plus de rêves que durant les 37 années précédentes. J’ai visité l’Irlande, mon plus grand rêve, je suis allée en voyage en Europe avec des gens que je ne connaissais pas beaucoup, j’ai quitté mon emploi pour créer celui de mes rêves.

Je suis aujourd’hui, créatrice de bonheur, je réalise mes rêves et je me donne le droit d’être moi-même.

Ne croyez pas que tout est parfait. Lorsque je quitte avec des amies, je dois prendre ma voiture, pour être certaine de pouvoir revenir chez-moi à tout moment. Lorsque je prends l’avion, je dois écouter des films et entrer tellement dans l’action afin d’en oublier où je suis. Je dois utiliser tous les outils que j’ai appris lorsque je sens cette petite boule de feu monter en moi. Je dois, encore à ce jour, voir ma psychologue quand j’en ai besoin.

Je suis un mouton noir, je suis une hypersensible, je suis différente, je suis compliquée, je m’assume et je me donne le droit de vivre. N’abandonnez jamais, le temps est votre allié et cherchez sans cesse LA personne qui saura vous aider, elle est là, quelque part.

Katee xx

 

 

Katee Boucher

Kassiopeia par la bohème 

Créatrice de bonheur

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