Suicide

L’histoire d’une suicidaire en manque d’amour.

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L’histoire d’une suicidaire en manque d’amour.

L’amour. Ce sentiment si primaire, si fondamental, si essentiel. Cet état d’allégresse ou de chagrin. Ce qu’on obtient en venant au monde ou ce que l’on cherche toute sa vie. L’amour est comme une drogue pour celui qui en manque. Récit d’une suicidaire en manque d’amour.

Dans les années 80 est née une jeune fille aux cheveux foncés et au regard profond. Cette enfant, à moitié désirée, sentait déjà qu’elle n’était pas comme les autres.

Elle est « spéciale » comme y disent.

Élevée à coup de : ben que voulez-vous, elle est si sensible ! Arrête de pleurer ! Tu t’inquiètes pour rien ! Le reflet qu’elle a d’elle-même n’est pas tellement joyeux. L’enfant se sent triste… en permanence. Rien ne la satisfait, pas même l’amour de sa mère. Le vide qu’elle ressent en dedans grandit en même temps qu’elle. C’est si difficile à expliquer qu’elle se tait.

Qu’est-ce que j’ai dans la tête ? Pourquoi, je n’arrive pas à aimer ma vie, à m’aimer ?

Aucune réponse positive n’est sortie de ce questionnement. Par contre, ce qu’elle en a déduit c’est qu’elle n’est pas belle, pas gentille, pas assez bonne à l’école donc pas aimable. La plaie qu’elle a sur le cœur commence à saigner.

Les années passent sans qu’il y ait d’amélioration.

Le nuage gris plane toujours au-dessus de sa tête comme une grosse tempête prête à éclater à tout moment. L’adolescence est remplie d’incertitudes, de mauvaises décisions et d’autosabotage. L’ado a compris vite que lorsqu’elle faisait le clown, les gens riaient. Ils m’aiment! Enfin ! Donc, elle s’est complainte dans ce rôle de faire-valoir pendant longtemps. Le clown est triste en christ comme dirait RBO, car lorsqu’elle se retrouvait seule, elle pleurait. Elle ne pouvait vivre sans son public, sans leur approbation d’amour.

La jeune adulte a choisi un métier glamour pour être certaine d’être remarquée. Elle s’y plaisait, c’est certain, mais le besoin de vivre dans le regard de l’autre était primordial. La jeune femme enfile les relations amoureuses comme on change de chansons à la radio. L’amour, ça fait mal ! La plaie saigne encore plus au fil des ruptures douloureuses.

Un soir, la plaie est complètement ouverte.

Elle sent que la mort approche. Sa mort. La femme est blessée, fatiguée, usée. Elle n’a que 27 ans.

Qu’est-ce que ça lui donne de continuer ? Personne ne la pleurera de toute façon.

Elle se prépare mentalement à quitter cette vie, qu’elle ne vit pas anyway. Les abus d’alcool, le sexe et les partys l’ont fait sentir vivante, mais elle était seulement en mode survies.

Ce soir-là, la femme tourmentée, prend un couteau de cuisine et le regarde longuement. Comme une bête que l’on essaie d’apprivoiser. Zen comme jamais, elle se demande comment elle pourrait en finir. La tête lui tourne, les idées revolent comme des feuilles mortes dans le vent.

Sa coloc arrive, appelle info suicide et l’amène à l’hôpital, la plus proche. S’en sont suivi une dépression sévère et une prise de médicaments.

Deux ans plus tard, toujours pas guéri.

les idées suicidaires reviennent la hantée comme un mauvais rêve qu’on n’essaie d’oublier. Évidemment, elle venait de se séparer. La douleur était si vive que c’en était insupportable. Cette fois-ci, sans savoir pourquoi, elle a consulté son médecin de famille. Quelque chose l’a poussé vers lui. Alarmé, il l’a envoyé directement à l’hôpital pour les fous. À partir de ce moment, tout a changé. Le noir est redevenu gris et il a continué de pâlir de plus en plus au fil du temps.

La femme est maintenant fière d’elle-même. Elle repense souvent à celle qu’elle était auparavant et elle sourit. Sans toutes ces tempêtes, elle ne serait pas mère et si heureuse de l’être. Elle serait partie, les pieds en avant.

Elle a passé à travers les orages sans perdre son parapluie. Ce n’est pas rien.

Aujourd’hui, cette femme d’exception a comme mission de parler de santé mentale et de faire tomber les tabous entourant ce type de maladie. Ce n’est pas parce qu’elle est tombée à plusieurs reprises qu’elle ne peut pas vous montrer à marcher, au contraire. Cette femme saura guider tes pas pour que tu ne perdes jamais de vu le soleil qui s’en vient. Si tu souffres, mourir n’est pas la solution. Appelle au secours, je te jure que quelqu’un t’écoutera.

Suicide Action Montréal : 1 866 APPELLE (277-3553)

 Courage ! Toi aussi, tu es une personne d’exception. Ne l’oublie jamais.

Alexandra

Alexandra
Alexandra
Trouve le clown en toi et la vie te remerciera!
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