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Après vous, je n’ai plus personne

Je suis enfant unique. Tu sais le genre d’enfant qu’on qualifie de « On sait bien toi… t’es toute seule c’est pour ça que tu es gâtée ! » En effet, du côté matériel je n’ai jamais manqué de rien. Mais qu’en est-il du sentiment de vide ? Du sentiment d’appartenance à une famille ? Car après mes parents, je n’ai plus personne.

Mon clan familial est très restreint.

Du côté maternel, je n’ai aucun cousin ni cousine. Et du côté paternel… on n’en parle même pas. Je ne les connais presque pas. Alors, imagine mes partys de Noël ou mes fêtes familiales à l’âge de 10 ans par exemple… L’horreur avec un grand H. Une chance que j’aimais la télé, New kids on the block et les livres. Ils m’ont sauvé plus qu’à leur tour. L’autonomie, je n’ai pas eu le choix de l’acquérir si je voulais avoir du plaisir.

Qui dit enfant unique dit enfant roi…

C’est vrai qu’un enfant unique peut paraître enfant-roi. Lorsque tu demandes, tu as beaucoup plus de chance de recevoir. C’est mathématique ! Tu es tout seul ! J’ai aussi souvent lu la culpabilité dans les yeux de mes parents. On va ce le dire, ils m’achetaient des choses pour m’occuper, « Pauvre p’tite, elle fait pitié elle est toute seule… ». Comment veux-tu ne pas t’y habituer ?

Le centre de leur univers c’était moi.

Ferme tes yeux et visualise un athlète sur un podium avec sa médaille. Le sourire qu’il aborde, la fierté que tu vois dans le visage de ses proches. Bien, je t’annonce que de ne pas avoir de frère ou de sœur c’est à peu près la même pression. Ton cercle veut te voir réussir. Si tu n’as pas n’atteins pas l’une des 3 premières places qui le fera ? Tu ne peux jamais te dire « Bah s’pas grave, ma sœur vient de gagner le prix Nobel, même si je n’ai pas passé mes maths, mes parents seront pas trop déçu (bon, je caractérise, mais tu saisis le concept hein ?).

Cette pression m’a étouffée.

Depuis ma jeunesse que je me dois d’être bonne. C’est si important que ma famille soit fière de moi ! À cette époque, on ne parlait pas d’anxiété de performance. En fait, on ne parlait pas d’anxiété du tout. Ce qui fait que j’ai toujours eu peur d’échouer. Combien de cours parascolaire, j’ai suivi ! Je ne les finissais jamais. J’avais la peur au ventre. J’aimais mieux abandonner que de ne pas être à la hauteur. C’est fou hein ? Et crois-moi, cette crainte m’a suivi toute ma vie.

L’amitié m’a sauvé de l’ennui.

Depuis l’âge de 5 ans, j’ai toujours eu des amies à la maison. C’était comme des sœurs pour moi. On se suivait partout. Leurs parents étaient comme mes parents. Sté les étés d’enfance et d’adolescence où tu passes une semaine au chalet d’une et la semaine suivante tu es à la maison de l’autre… Le bonheur. Le véritable vide, je l’ai moins connu grâce à elles. Je pouvais me confier, m’amuser et décrocher comme si elles faisaient vraiment partie de ma famille. À ce moment-là, j’ai compris que ta famille, tu peux te la créer.

Le manque, je le vis présentement

Le trou, c’est maintenant que le ressens. En vieillissant, on voit moins nos amis. On a chacun notre petite vie. Chacun notre petite famille à nous. La solitude se fait plus présente en moi. Le vide se fait plus grand. La vieillesse de mes parents, je la vivrai en solitaire. Tout ce qui vient après aussi. Je me fais un devoir de penser au moment présent pour ne pas angoisser, car après eux, je n’ai personne.

De rien

Courage

Alexandra

 

Trouve le clown en toi et la vie te remerciera!

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