Anxiété

L’anxiété m’a fait faire le grand saut

l'anxiete m'a fait faire le grand saut

L’anxiété m’a fait faire le grand saut.

L’anxiété ne cogne pas vraiment avant d’entrer.

L’anxiété frappe et prend généralement le contrôle de notre être avant même que nous puissions comprendre ce qui se passe. Ça fait désormais trois ans que je cohabite avec elle. Les gens proches de moi savent combien j’adhère à la stabilité sous toutes ses formes. Quelle soit dans ma vie professionnelle, dans mon cercle social ou dans ma sphère familiale, elle me sécurise.

J’ai toujours eu une personnalité un peu anxieuse.

Quoique j’ai toujours eu une personnalité un peu anxieuse, c’est un soir de septembre, à l’aube de ma quarantaine que l’angoisse a choisi le moment pour faire son entrée théâtrale. J’étais en couple (statut compliqué) depuis quelques années et nous faisions vie commune depuis peu. Loin de chez moi, de mon patelin, je voyageais tous les jours l’aller-retour que m’obligeait ma garde partagée, soit 112,2 km, une semaine sur deux, 5 jours par semaine, matin et soir. C’était peu cher comme prix pour dormir aux côtés de l’homme de ma vie. De toute façon, je suis une femme remplie de stratégies, donc des solutions, j’en avais un sac bien rempli.
Ça n’a pas toujours été facile pour mes enfants et moi, c’est certain !

J’avais bien été avertie que si je voulais faire vie commune, je ne pourrais jamais faire le reproche que c’était parfois éprouvant, et donc je gardais pour moi. 

C’était une période de ma vie où ma perception était faussée. Je tentais de guérir une dépression qui m’avait gentiment été offerte par la vie. Entre ma séparation du paternel de mes filles (ou de sa conjointe, c’est encore ambigu pour moi.) qui s’éternisait depuis presque cinq ans maintenant, un emploi qui me dévalorisait et un couple malsain, no wonder que mon système nécessitait une pause. L’antidépresseur qui m’avait été prescrit était devenu mon échappatoire ; c’est-à-dire que je voyais et je comprenais ce qui se passait autour de moi, mais mes émotions avaient développé le talent de JE-M’EN-FOUTISME. Vive les petites pilules ! Bien que je ne vivais plus la douleur, je ne ressentais pas non plus le bonheur.

L’anxiété est venue tout chambouler.

Un soir de septembre 2014, à quelques jours de mon anniversaire, des amis et ma famille s’étaient réunis pour célébrer voire faciliter ce grand saut que je m’apprêtais à faire. Ça faisait bientôt 365 jours que je m’y préparais, et malgré tout je m’accrochais tellement fort à ma trentaine que mon gâteau marquait BONNE FÊTE CARO — 39 ANS ENCORE.

C’est en me chantant la bonne fête que tout s’est joué au ralenti pour moi. Mon regard s’est posé sur chacune de mes filles en me demandant, suis-je une assez bonne mère ? Te sens-tuépanouie ? Lorsque l’on a déposé le gâteau devant moi, mes yeux ont croisé le regard de mon amoureux en me disant, est-ce toi pour moi pour le reste de ma vie ? C’est dans une panique engourdie que mon intérieur s’est mis à crier Non… Non ! Je ne veux pas ! Je ne suis pas HEUREUSE ! Le savez-vous que je ne suis PAS HEUREUSE ?!! Dis-leur ! Arrête de figer,crie-le !! Pendant que la détresse me déchirait par l’intérieur, j’ai calmement fait un tour de table du regard en souriant à tous ces gens que j’aimais et… J’ai soufflé mes bougies.

Le reste de la soirée s’est continuée avec l’intuition qui s’est libérée de ses chaînes que la médication lui avait imposées. J’avais cette douleur dans la poitrine qui ne cessait de persister et une difficulté à prendre une respiration complète, que je me demandais si j’allais perdre conscience. Avec aucune façon d’évacuer mes émotions sans être démasqué, j’ai attendu que nos invités quittent, que les enfants soient au dodo et que le conjoint dorme profondément avant de me relever pour m’effondrer sur le plancher de la salle de bain et pleurer toutes les larmes de mon corps. L’idée que j’allais embarquer dans une nouvelle décennie toute neuve en étant médicamentée, cocue et aucunement épanouie, était inconcevable.

Je réalisais que j’avais été le seul pilier dans ma relation de couple et que j’avais passé les dernières années à vouloir plaire à tout le monde même à ceux que je n’affectionnais pas, juste pour être aimé.

L’anxiété mène le changement.

Je devais modifier ma situation et pour ça je savais que j’allais devoir me lier d’amitié avec celui qui était jusqu’à présent mon plus grand ennemi, le changement. J’ignorais complètement comment implanter le changement sans tout perdre.

Oui, je sais. Comment perdre quelque chose qui n’a jamais été à toi d’emblée, me diriez-vous ?

J’avais encore tellement de choses à comprendre avant même de pouvoir saisir cette notion. La seule chose que j’ai su faire, c’est de fermer les yeux, en me berçant à genoux, le cœur en larme et demander à l’Univers de m’aider en me montrant comment faire pour trouver le courage de quitter.

Les mois se sont défilés et les signes qu’une autre femme avait été dans mon lit se sont manifestés et devenaient récurrents. Mais ce n’est qu’un matin de printemps, lorsque j’ai ouvert un courriel d’une photographe qui m’avait envoyé le résultat de mon photoshoot lors d’un événement, que j’ai aperçu une lueur de mon MOI… Je souriais, j’avais l’air heureuse. J’avais momentanément oublié que dans tout ce brouhaha qui était devenu mon quotidien, que j’en échappais ces moments des percés de bonheur.

C’est à ce moment que je me suis levée de ma chaise, le cœur dans gorge, l’angoisse dans le tapis pour aller retrouver le conjoint dans le salon et je lui dire… OK, c’est OK, je suis prête,c’est fini.

anxiété, panique, fête, 40 ans, bonheur, heureuse, partir

 

Caroline Vaillancourt

Blogue : Quarante et quelques 

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