Anxiété

Quand allaitement rime avec souvenirs douloureux

Journée internationale de l'allaitement

C’est la journée internationale de l’allaitement. L’anxieuse va te parler de ce souvenir douloureux…

C’est donc beau allaitement! C’est donc ce qu’il y a de mieux pour ton bébé ! Ça ne coûte rien en plus (avec le fameux – tu n’auras pas à traîner tout ton stock, penses-y). Tu seras ben plus proche de ton enfant…

Des commentaires de la sorte, j’en ai entendu plus d’un lorsque j’étais enceinte. La pression s’installait tranquillement sur mes épaules…

Plus on me parlait d’allaitement, plus ça me terrorisait.

L’anxieuse en moi avait l’impression de ne pas avoir le droit de choisir. Que si pour moi allaiter n’était pas une option, automatiquement je pénalisais mon enfant ! Franchement, tu le pars bien mal ce petit bébé… Alors, je me suis mise à culpabiliser et déjà, je ne me sentais pas à la hauteur.

Les gens pro allaitement dans mon entourage m’en ont parlé plus qu’en masse.

TSE, jusqu’à ce que je leur dise : woh ! Arrête ça, drette-là. Cette enfant-là est même pas encore née, est-ce possible pour moi de prendre une décision lorsqu’il le sera ? Dans leur regard, je le voyais donc que je n’étais pas des leurs.

Alors, pourquoi avais-je donc l’impression que je devais prendre cette grosse décision tout de suite ? J’avais besoin d’y réfléchir. Ma tête tournait. Je n’ai jamais été à l’aise avec mon corps. Je ne me sentais pas prête du tout pour 6-9 mois d’allaitement intensif… Juste d’y penser, je me sentais en prison et l’anxiété m’étouffait. Déjà, avec ces signes, j’aurais dû m’écouter…

Pour faire taire les conversations sur le sujet, j’ai longtemps dit que j’allaiterais au début et que je verrais par la suite… Je le sentais en moi que je ne voulais pas, mais j’en pouvais plus de me justifier.

C’est mon corps, c’est mon bébé right ?

L’expérience allaitement à l’hôpital

J’ai accouché d’une belle petite Florence en mai 2013 à l’hôpital Saint-Luc. J’étais aux anges. Par contre, je savais que le moment propice allait arriver. Que j’allais devoir allaiter ! L’infirmière est venue m’aider et honnêtement, je n’aimais pas ça du tout. En plus, Florence avait un torticolis… On double la difficulté ! Je dormais mal et j’anticipais tous les boires. Il est où le fun ? Je ne l’ai, à ce jour, pas encore trouvé.

Un matin, je vais faire un tour seule dans les corridors (inquiète-toi pas, mon mari était avec mon bébé) et je croise une de mes infirmières. Elle prend de mes nouvelles et me demande si l’allaitement va mieux. Je lui dis : NON ! Je n’aime pas ça ! C’est difficile, je suis épuisée et Florence pleure beaucoup. Et là, elle me tasse dans un coin et me dit : je n’ai pas le droit de vous en parler. Je pourrais avoir des sanctions. Mais nous pouvons vous aider à simuler l’allaitement avec un jet de lait maternisé ce qui aidera votre fille à mieux comprendre l’allaitement. Faites-en la demande, mais ne dites surtout pas que cela vient de moi. Dites qu’une amie à vous l’a essayé…

Sérieux ! On est rendu là ?? Le libre choix ? Si ce n’est pas de la pression ça, je me demande bien ce que c’est. J’étais en furie. Je ne suis pas pour l’allaitement à tout prix. Qu’est-ce qui est si difficile à comprendre ? Je suis restée avec mes questions au travers de ma gorge.

Rendu à la maison

Je n’ai pas allaité longtemps. Le pédiatre nous a dit qu’elle était probablement allergique et que je devais faire le régime sec (sans protéine bovine ou produit laitier) comme je répète, je ne suis pas pour l’allaitement à tout prix et ça c’était mon cue pour arrêter mon calvaire. Tu veux la vérité ? J’étais heureuse d’arrêter. J’avais enfin une porte de sortie et une excuse d’arrêter.

Les gens ne pouvaient plus m’en vouloir, ma fille était intolérante. Bingo !

Le fameux diagnostic.

Ma fille est cardiaque, tu le sais, j’en ai déjà parlé. À Sainte-Justine, la nutritionniste m’a bien expliqué que c’était normal que j’aie eu beaucoup de difficulté avec l’allaitement. C’était bien dû à sa malformation. Ouf ! Un soulagement de plus et surtout un morceau de robot pour moi. J’avais de l’instinct. À partir de ce jour, j’allais apprendre à l’écouter.

À toi qui es pro allaitement,

Je ne te juge pas. Tu crois en tes convictions et tu les exprimes. Je ne peux que t’admirer pour ça. Mais pense que devant toi, tu as peut-être quelqu’un qui n’a pas ta confiance. Que des opinions c’est propre à chacun et que la qualité maternelle ne repose pas là-dessus. Que les femmes qui ne font pas ce choix sont aussi des mères et des bonnes en plus de ça. Pourquoi ? Elles s’écoutent. Elles s’aiment et aiment assez leur bébé pour faire le choix qui leur convient. Alors, s.v.p fais attention à ce que tu peux dire, car des paroles, ça blesse profondément.

À toi qui attend son petit miracle,

Fais-toi confiance. Fais ce que TU veux. Sois bien avec ta décision tant que c’est la TIENNE. Je te souhaite la meilleure chance du monde !

Alexandra

Viens lire ici un texte qui parle de la malformation cardiaque de Florence.

Alexandra
Alexandra
Trouve le clown en toi et la vie te remerciera!
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