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Ah, si je pouvais tout te dire maman…

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Ah, si je pouvais tout te dire maman…

Je te raconterais mes joies, mes bonheurs, mes succès, mes grandes fiertés. Mes petites aussi. Et tu t’en souviendrais.  Tu te souviendrais de ce que je fais comme travail, de ce qui m’anime, de ce qui me fait vibrer. Tu saurais qui je suis vraiment.

Si je pouvais tout de dire maman,

Tu m’écouterais pour vrai, avec ton cœur, sans m’interrompre à la première occasion pour ramener la conversation vers toi. Vers tes drames, tes bobos, tes petites et tes grosses misères.

Je te raconterais mes rêves, et mes dons maman. Je te raconterais le bien que je fais aux gens. Je te raconterais ma vraie nature que j’ai découverte il n’y a pas si longtemps. Je te raconterais la prêtresse, la shaman, l’enseignante, la messagère. Je te raconterais surtout la lumière. Je te raconterais tous ces aspects de moi.

Si je pouvais tout te dire maman,

Je te raconterais les fois où j’ai eu peur de mourir. Elles sont nombreuses. La plus marquante étant celle où j’étais avec toi. Il y a bien longtemps de ça. Tu as voulu mourir et m’amener avec toi. Mais tu ne supporterais pas de savoir ça. Tu t’es créé un mécanisme pour oublier tout ça et moi qui chéris la liberté plus que tout dans la vie, qui suis-je pour contester ton choix ?

Oui, j’ai eu souvent peur de mourir. C’était avant que je sache que la mort n’existe pas. Ça aussi j’aimerais te raconter maman. Toi qui as si peur de la mort. Je voudrais bien que tu cesses de craindre quelque chose qui n’existe pas.

Je n’ai plus peur de la mort, depuis que j’ai commencé à vivre.

Tu vois, je me suis mise au monde. Oh bien sûr avec de l’aide, mais je suis vraiment née à moi, grâce à moi.

Pendant plusieurs années, et ça a commencé pendant mon enfance alors que j’essayais de trouver le sens de tes incohérences et de tes démences, j’ai fui. J’étais ici, mais je n’étais pas là.

C’était trop souffrant d’être là.

Je ne savais pas comment faire pour vivre et être moi, car vois-tu, tu ne m’as pas appris maman.

Si je pouvais tout de dire,

Je te raconterais comment je me suis construite. Cellule par cellule. Une couche à la fois. Au début il n’y avait qu’une lueur et j’y ai cru. Puis, à grand coup de désespoir, une flamme a surgi et la lumière s’est installée.

Si je pouvais me raconter maman, je te dirais que je suis une championne de la résilience. Toi aussi tu en es une, je tiens ça de toi.

Je me raconterais si je le pouvais maman, car je voudrais surtout te dire merci. Ça t’étonnerait peut-être que j’aie envie de te remercier, alors je te rassurerais en te disant que je ne changerais rien de ma vie. Ce n’est pas trop clair pour moi quel genre de contrat on avait toi et moi, mais je sais une chose en tout cas c’est que je suis la somme de ce que j’ai été et je serai ce que j’en déciderai.

Et j’ai des idées de grandeur maman. Oh oui. Depuis que je suis toute petite, depuis l’époque où je me cachais dans mon placard pour échapper au poids de ta présence, je me pratique à imaginer la différence que je fais dans le monde.

Je me vois aider les gens qui souffrent de ne pas encore être nés à eux-mêmes. Je me vois faire une belle, douce et noble différence dans ce monde.

Il est beau le monde maman.

J’aimerais pouvoir te prêter mes yeux et tous mes sens pour que tu voies ce que je vois, que tu entendes ce que j’entends et que tu sentes ce que je sens.  Oui, chaque jour je choisis où je pose mon regard et je te le jure maman, quand on cherche les roses blanches, on les trouve et on ne voit pas autre chose.

Alors maman, maintenant je ne rêve plus. Je Suis.

Je ne pourrai jamais te raconter maman, du moins pas dans cette vie-ci, mais si je te croise à nouveau sur un chemin céleste, un jour, une éternité, je te raconterai.

Je te raconterai qui j’ai été dans cette vie où j’étais ta fille et que tu étais ma mère, et tu pourras te dire avec raison, qu’il avait tout de même des parcelles de toi dans moi.

Je t’aime maman.

Ta fille.

Caroline Houle 

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Alexandra
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Trouve le clown en toi et la vie te remerciera!
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