Suicide

À toi, mon enfant intérieur, parlons de l’intimidation.

DSC_0762Vêtements : Daniel St-Onge

À toi, mon enfant intérieur, parlons de l’intimidation que j’ai fais subir.

Aujourd’hui, je prends enfin mon courage à deux mains et je te parle d’intimidation. Ça fait un bout qu’on n’a pas reconnecté ensemble, hein ? Il est grand temps qu’on le fasse pour le bien de tous. Je t’ai trop longtemps enfoui au plus profond de moi et maintenant, ça suffit. La vie est trop courte pour faire semblant que tout ça n’a pas existé. À toi, mon enfant intérieur, parlons de l’intimidation que tu as fait subir aux autres.

L’intimidation c’est ta blessure que tu partages à coups de paroles méchantes.

Je sais, tu as eu mal. Tu t’es fait rejeter, tu as manqué d’amour et tu as pleuré souvent, trop souvent. Se sentir invisible, tu connais ça, hein ? La violence psychologique a forgé ton hypersensibilité et ton caractère. Sache que tu es assez. Assez belle, assez gentille, assez bonne en somme assez toute ! Tout ce dont tu rêvais, c’est de te faire aimer et te faire reconnaitre à ta juste valeur.

Tu as gardé ce fardeau sur tes petites épaules si longtemps que lorsque tu aurais pu en parler, c’est la rage qui a toute pris la place.

Une rage qui brulait ta gorge.

L’intimidation commence de manière subtile.

Te le sentais que chez toi, ça n’allait pas bien. Tu le savais que quelque chose arriverait. Tu vivais dans l’attente de ce geste, de cette situation. Tes parents se sont finalement séparés. Tu avais hâte que ça se passe. Tu n’en pouvais plus ces cris et de ces manipulations qui te gâchaient littéralement la vie. Tu étais fatiguée d’être éteinte. La vie allait être belle à nouveau. Mais lorsque ton papa t’a annoncé que c’était au-dessus de ses forces de continuer de prendre soin de toi, ta vie à basculer. Pas que tu étais surprise, mais de l’entendre, ça fesse. C’est un rejet pur et dur.

À 16 ans, le seul moyen que tu as trouvé pour ne pas t’enfoncer c’est de commencer subtilement à blesser les autres.

Une parole, c’est tout ce que ça prend pour te donner l’impression que tu valais enfin quelque chose. Que tu avais de l’impact sur des gens ! Par ton humour, tu ne sentais pas que tu attaquais, mais le bien-être que tu ressentais te confirmait que faire du mal aux autres calmait la rage qui t’envahissait. Rire des autres ça fait pas mal, hein? Tu n’as jamais connu le réel impact de tes gestes, mais la culpabilité, elle perdurera.

Est-ce que l’intimidation t’a réellement aidé ?

L’adulte que tu es devenu à de gros remords. À la suite du secondaire, tu n’as plus jamais refait ce genre d’attaque, car la fameuse culpabilité t’a étouffé, hein ? C’est à ce moment que tes problèmes de santé mentale sont apparus.

La vie c’est comme un boomerang, ce que tu fais aux autres te revient au centuple.

Mais pas toujours de la manière dont tu t’attends.  Des pensées suicidaires, de l’anxiété, des problèmes financiers, tous ces troubles étaient alignés pour que j’essaie de t’ignorer, comme je l’ai été, toi mon enfant intérieur. L’intimidation, au fond m’a permis de faire la sourde oreille à tes besoins et a renforci ma croyance profonde : je ne vaux rien !

Aujourd’hui, je prends conscience de la nécessité de reconnecter avec toi pour ma propre survie. Ce que j’ai réellement envie de te dire c’est : je te pardonne.  Maintenant,  avec ma bénédiction, mon enfant, tu peux te permettre d’être complètement heureuse. Regarde droit devant. La vie est ben plus belle ainsi, non ?

 

Alexandra
Alexandra
Trouve le clown en toi et la vie te remerciera!
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